Réserve de Biosphère des Arganeraies
 Le 8 décembre 1998, l’Arganeraie a été déclarée par l’UNESCO première Réserve de Biosphère du Maroc sur une superficie de 2,5 millions d’hectares environ. Elle concerne les provinces et préfectures d’Agadir Ida Outanane, Inzeguane Aït Melloul, Chtouka Aït Baha, Taroudant, Tiznit et Essaouira.
L’objectif étant de gérer et conserver le système économique et écologique « Arganeraie », tout en développant l’économie de la région. Pour se faire, il a été décidé de conférer à la région un statut lui permettant d’atteindre cet objectif. Ce statut est celui de la Réserve de Biosphère, en appliquant les recommandations de la stratégie de Séville élaborée par l’assemblée du comité MAB international de l’UNESCO sur l’Homme et la Biosphère qui s’est tenue à Séville (Espagne) en mars 1995.
Les Réserves de la Biosphère sont de vastes zones représentatives de paysages naturels et culturels, bénéficiant pour la plus grande partie d’une protection juridique. Dans ces réserves sont élaborés et mis en application des concepts modèles pour la protection, l’entretien et le développement. Ceci doit s’opérer en collaboration avec les populations qui vivent sur ces lieux et les gèrent économiquement.
La protection et la conservation de l’arganeraie supposent donc :

  • La protection de surface représentative excluant toute influence humaine pour observer la nature dans sa dynamique propre et en tirer des conclusions.
  • La protection de l’arbre en tant que patrimoine universel.
  • La modernisation du processus de production et de commercialisation de l’huile d’argan.
  • L’intensification de l’éducation environnementale pour amener une utilisation rationnelle et équilibrée des ressources de l’arganeraie.
  • La limitation du nombre de chèvres broutant dans la forêt. Si l’action de la chèvre est bénéfique pour la régénération, le nombre trop élevé de caprins a, à la longue, un impact négatif sur l’arganier.
  • La promotion d’une race caprine améliorée de nature à augmenter la productivité tout en soulageant les arbres.
  • L’exploitation de l’énergie éolienne en encourageant la mise en place d’équipements en énergie renouvelable comme moyen de substitution à l’utilisation de bois de chauffe de l’arganier.

En aidant à préserver la biodiversité, on améliore aussi le bien être économique des populations, en particulier des femmes. Pour atteindre ces objectifs, des chercheurs axent leurs travaux sur la formulation de scénarii de gestion de l’arganeraie, la sélection d’arbres hautement productifs en huile, l’amélioration des procédés artisanaux de production, l’étude de la rentabilité économique des groupes de femmes qui produisent l’huile et l’organisation de cours de mise en marché et de formation pour ces femmes.
Il ne s’agit donc pas de délimiter des zones excluant en grande partie l’influence de l’homme, mais au contraire d’assimiler les revendications à l’usufruitier, que ce dernier fait valoir dans un concept d’intégration. De cette manière est mis en évidence le fait que l’homme peut utiliser la biosphère sans la détruire.

La RBA se caractérise par une diversité naturelle et culturelle riche (Plaine de Souss, Anti- Atlas, Haut Atlas, plateaux de Haha); Ce zonage a favorisé la représentativité de tous les milieux naturels et les valeurs culturelles qui leurs sont associées :

  • 18 aires centrales (zones A): qui s’étendent sur 16.620 hectares. Elles correspondent aux SIBE identifiés par le plan directeur des aires protégées du Maroc et des sites proposés par les gestionnaires. Leur délimitation a pris en considération: soit le contexte écologique lié à la présence de l’arganier et l’accès difficile, soit l’existence d’un phénomène naturel conséquent et intéressant, tel que la présence de peuplement bien venant d’arganier, espèce animale ou végétale rare, soit l’absence d’activités humaines (maisons, azibs, citernes, pistes…).
  • 13 zones tampons (zones B): qui s’étendent sur 582.450 hectares. Leur choix a été basé sur les critères suivants : Existence et importance de l’arganier ( les peuplements épars ou de faible densité sont exclus, les terrains à risque d’érosion sont inclus) et importance de l’arganier dans l’économie locale.
  • 14 zones de transition (zones de développement ou zones C): qui englobent les espaces non couverts par les zones A et B. L’objectif assigné à ces zones est la concrétisation d’un développement socio-économique durable de l’aire de l’Arganeraie.
La RBA dispose, depuis sa mise en place, d’un plan cadre qui constitue un outil d’orientation de sa mise en œuvre. En plus de l’établissement du zonage de la RBA, ce plan cadre avait programmé un certain nombre de mesures potentielles visant d’assurer les objectifs et les fonctions assignés aux différentes zones.
Dans l’objectif de mettre en œuvre la RBA, un plan cadre a été élaboré entre 1998 et 2002 dans le cadre du projet Conservation et Développement de l’Arganeraie (PCDA) qui s’articule autour de quatre parties:

  • la stabilisation de la superficie des peuplements forestiers, particulièrement de l’arganier, avec amélioration de la structure horizontale et verticale des peuplements forestiers ;
  • la diminution de la dépendance du cheptel vis-à-vis des ressources naturelles ;
  • la rationalisation de l’usage de l’eau et des cultures en plaine ;
  • l’efficacité des mesures d’augmentation des revenus et de l’amélioration du niveau de vie de la population concernée.

L’évaluation et le suivi de ces indicateurs seront effectués selon un dispositif de recherche- développement.
Pour aboutir à l’écosystème souhaité tel qu’il a été défini précédemment, il est indispensable de programmer un certain nombre de mesures potentielles au niveau de chaque zone de la RBA ( A,B et C), qui doivent s’intégrer dans une stratégie de développement général de l’aire de la RBA. Ces mesures doivent avoir une durée d’application de 20 ans avec des programmes prioritaires sur 5 ans :

  • Au niveau des zones de protection (A) :
    • Instaurer un protocole d’accord de protection avec la population (système de compensation des droits d’usage, système de rachat de ces droits, système d’échange foncier….)
    • Elaborer l’état des lieux et le programme d’intervention,
    • Mettre en place un observatoire des zones A et B et
    • Approfondir la recherche scientifique.
  • Au niveau des zones tampon (B) :
    • Appuyer le développement rural integer
    • Lutter contre l’érosion, notamment hydrique
    • Réaliser des plans d’aménagement forestier,
    • Promouvoir la formation professionnelle
    • Rationaliser l’exploitation pastorale,
    • Promouvoir la commercialisation des produits de terroirs,
    • Promouvoir l’auto organisation de la population
    • Encourager la substitution et l’économie du bois de feu.
  • Au niveau des zones de transition (C) :
    • Inciter à la conservation et à la protection de l’environnement,
    • Impliquer les investisseurs et les exploitants de plaine dans la conservation des écosystèmes d’arganier
    • Impliquer les ONG en matière d’activité de valorisation des produits locaux et de protection de l’Arganeraie.
  • Mesures d’accompagnement aux niveaux de toutes les zones: en parallèle aux mesures spécifiques intéressant chacune des zones de la RBA, les mesures complémentaires suivantes, à travers toutes les zones A, B et C, s’avèrent nécessaires :
    • Promouvoir l’éducation environnementale,
    • Assurer la pérennité de l’écosystème à arganier par la régénération naturelle ou assistée,
    • Réaliser des reboisements à usages multiples,
    • Valoriser les systèmes de production agricole,
    • Réaliser des reboisements à usages multiples
    • Promouvoir des activités extra- forestières (apiculture, pêche artisanale, petit élevage).
Les élément de la diversité biologique ( écosystèmes , espèces , races, variétés, et génomes) constituent une source importante de richesses économiques contribuant à l’économie nationale et locale. Les valeurs économiques de la biodiversité peuvent être directes (exploitation directes/gain monétaire), indirecte ( ressources générée par une autre ressource), d’option( usage potentiel future), ou d’existence (valeur subjective et morale pour l’humanité)
L’évaluation et la contribution économique de la biodiversité au Maroc a donné une valeur estimative de 38 milliards de DH par an, selon les données des années 1991 -1994 Cette estimation concerne plusieurs ressources et plusieurs secteurs (agriculture, pêche continentale, pêche maritime, pastoralisme, produits forestiers, huiles essentiels, récréation…) et en absence d’une compatibilité nationale des ressources naturelles.


Carte :

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