Réserve de Biosphère des Oasis du Sud du Maroc
En novembre 2000, la zone des trois provinces situées au sud du Maroc « Ouarzazate », « Errachidia » et « Zagora» a été reconnue par l’UNESCO comme « Réserve de Biosphère des Oasis du Sud Marocain ». Avec la reconnaissance du statut de réserve de biosphère, cette région est devenue une partie intégrante du Programme mondial de l’UNESCO de l’Homme et la Biosphère (MAB).
Le concept de réserves de biosphère a été développé à l’origine en 1974, et a été considérablement révisé en 1995 avec l’adoption par la Conférence générale de l’UNESCO du Cadre statutaire et de la Stratégie de Séville pour les réserves de biosphère. Leurs directives ont été adoptées en 1996 et définissent les principes de fonctionnement des réserves de Biosphère.
Aujourd’hui, avec plus de 480 sites dans plus de 100 pays, le Réseau des réserves de biosphère offre l’occasion de tester, dans des contextes particuliers, des approches qui, en alliant connaissances scientifiques et modalités de gouvernance, visent à :

  • Réduire la perte de biodiversité.
  • Améliorer les moyens de subsistance des populations.
  • Favoriser les conditions sociales, économiques et culturelles essentielles à la viabilité du développement durable.
  • Et ainsi, contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier sur le développement durable.

A cet effet, les réserves de biosphère combinent trois fonctions complémentaires, à savoir que :

  • La conservation des écosystèmes, des paysages, des espèces et de leurs patrimoines génétiques doit y être assurée, aussi bien dans les zones naturelles que celles qui sont exploitées par l’agro-sylviculture, la pêche, la chasse, le tourisme ou toute autre activité. Les pratiques respectueuses de l’environnement y sont privilégiées.
  • Les réserves jouent aussi un rôle dans le développement économique et social respectant la nature et la culture locale. Ceci implique que la population prenne une part active à la gestion durable des territoires et soit impliquée dans les prises de décision.
  • Enfin, plus qu’ailleurs, une importance particulière est accordée à la recherche, aux études et à l’observation continue de l’environnement, à la formation et l’éducation du public – des jeunes en particulier – car elles fournissent un réel appui pour envisager de façon plus éclairée sur l’avenir du territoire et de ses habitants.

La RBOSM inclut les bassins versants du Drâa, du Ziz et du Guir, les principales oasis du versant Sud du Haut Atlas Central et Oriental, tout le versant Sud du Haut Atlas Central et Oriental et les bassins de Ouarzazate, Tinerhir et Errachidia, fossés qui suivent la grand faille tectonique au Sud du Haut Atlas.

  • La zone A centrale: est constituée d’un groupe de 7 Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) et de 2 parcs nationaux identifiés par l’étude du Plan Directeur des Aires Protégées du Maroc réalisé en 2000 par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime (MAPM), totalisant une superficie d’environ 5 160 km2, soit 5,2 % de la superficie totale de la RBOSM. Leur fonction essentielle consiste à préserver la diversité biologique de l’écosystème et sauvegarder les ressources naturelles de la zone notamment la ressource eau.
  • Les zones B tampon de l’habitat « palmeraie »: correspondent aux palmeraies traditionnelles qui couvrent un superficie voisine de 1 291 km2, soit 1,3 % de la superficie totale de la RBOSM. Leur principal rôle consiste à entretenir les ressources hydriques, foncières et phoenicicoles en plus de la sauvegarde des valeurs culturelles et économiques dans un équilibre écologique.
  • Les zones C de transition: correspondent aux terrains d’extension agricoles. La superficie totale de cette aire est d’environ 240 km2, soit 0,02 % de la superficie totale de la RBOSM. Bien que leurs superficies soient limitées, elles sont appelées à jouer un rôle capital dans le développement durable de la zone compte tenu des potentialités qu’elles recèlent et de leur substituabilité à l’exploitation des ressources naturelles dégradées des zones centrales qu’elles permettent.
Après la « Réserve de Biosphère d’Arganeraie (RBA) », la RBOSM est la deuxième réserve de biosphère pour laquelle un plan-cadre est préparé au Maroc. Vu la définition ample des objectifs d’une réserve de biosphère, il ne s’agit pas d’un concept de protection de la nature mais bien d’un plan général et intégré de développement basé sur les différences naturelles de cette région. Pour les domaines techniques les plus importants, des expertises spécifiques furent réalisées dont les résultats sont incorporés dans le concept-cadre Afin d’avoir une représentation claire et une base pour la planification ultérieure, une base cartographique thématique et analytique consistante fût élaborée, En premier lieu, une équipe d’experts nationaux et internationaux, qui connaissaient déjà bien la Région et le contexte, a été mobilisée dans les domaines principaux du plan de gestion. Après une analyse profonde de la situation sur le terrain dans les provinces d’Ouarzazate, Zagora et Errachidia, un accent particulier a été mis sur l’intégration de tous les acteurs principaux dans le processus d’élaboration. Pour cela, des réunions de concertation ont été tenues sur des thèmes clés, comme la protection de la nature, l’utilisation durable des resources naturelles, l’utilisation des ressources en eau, les systèmes de production agricole, le tourisme, l’urbanisme, l’artisanat, l’énergie, l’éducation environnementale et les cultures traditionnelles. Le zonage et l’analyse des aspects institutionnels quant à la mise en oeuvre du plan de gestion constituaient deux autres champs prioritaires.
Au cours de plusieurs ateliers de concertation, les constats ont pu être approfondis et les grandes lignes du plan tracées.
La stratégie de développement du plan-cadre vise à l’amélioration des filières de production, transformation et commercialisation des produits régionaux (tourisme, agriculture, artisanat). A cet effet, les objectifs de conservation de la nature doivent être harmonisés à ceux de développement économique de la région des oasis. Dans tous les domaines, les formes de développement économique respectueuses de l’environnement et qui préservent les ressources doivent être particulièrement favorisées.
Ce concept exige le développement d’initiatives privées de caractère spontané et présentant une grande cooperation entre les parties prenantes. C’est pourquoi, particulièrement dans la phase initiale, une information et un appui intensif jouent un rôle prépondérant pour assurer son succès.
La coopération doit également se manifester entre les différentes zones caractérisant la RBOSM.
L’importance capitale que revêtent les oasis marocaines, notamment sur le plan richesse de la biodiversité, valeur culturelle, historique et savoir-faire qui répondent aux normes de développement durable, a fait que celles-ci ont été agréées Réserves de la Biosphère par l’UNESCO.
La haute diversité des substrats que nous trouvons à l’intérieur de la RBOSM, en combinaison avec sa grande extension verticale et des gradients hydriques et thermiques extrêmes crée des systèmes écologiques extrêmement variés. Cette haute variabilité environnementale est à l’origine d’une diversité biologique exceptionnelle qui fait du Haut Atlas un centre de diversité et d’endémisme à l’échelle continentale.
Autre facteur pour la haute diversité biologique de la RBOSM est sa position dans la zone de contact des regions floristiques méditerranéennes, irano-turaniennes et sahariennes. Ici se trouvent des espèces circumpolaires comme Parnassia palustris et des éléments nettement africains comme Maerua crassifolia, des forêts de chênes verts méditerranéens et des steppes continentales à Stipa et Artemisia. Mais la richesse floristique de la RBOSM ne résulte pas seulement de la superposition des différentes flores régionales, au contraire , elle est caractérisée par une individualité remarquable. Le taux d’endémisme augmente continuellement du milieu Saharien vers la zone oroméditerranéenne pour y atteindre dans la zone culminante des valeurs de plus de 80 % de la flore.
Les habitats pour la faune de la RBOSM sont extrêmement variés, en particulier grâce à une topographie très contrastée, c’est la raison pour laquelle le territoire de la RBOSM présente un intérêt majeur en termes de représentativité, par exemple de la faune de vertébrés du Maroc, Les oasis marocaines présentent encore les meilleures conditions de développement durable des resources naturelles. En effet, l’habitat dans les Ksours, ainsi que les systèmes d’irrigation par Séguias et Khettaras et une grande diversité des systèmes et modes d’élevage sont encore en vogue.
Aussi, l’agriculture dans la RBOSM se distingue par une grande diversité de systèmes de cultures basés sur la polyculture, avec ou sans association avec l’élevage. La pratique de plusieurs cultures sur les mêmes parcelles est très courante dans la région, elle ne dépend ni de la taille de l’exploitation, ni de la région, mais plutôt de considérations socio-économiques incarnées par le souci permanent des agriculteurs à sécuriser et à diversifier leurs revenus. Les cultures en étages confèrent également aux oasis une beauté paysagère typique et présente une attraction touristique sans égal.
La zone de la RBOSM avec la diversité de ses paysages et l’hospitalité de sa population présente un produit touristique unique au Maroc. En plus, la zone de la RBOSM profite d’une tendance touristique internationale où les visiteurs, surtout européens, montrent un intérêt croissant pour les régions désertiques et au patrimoine fortement humanisé des oasis.


Carte :rbo