STRATEGIE DE DÉVELOPPEMENT

 

Dans le cadre de sa mission relative au développement rural, le Ministère de l’Agriculture a chargé l’Agence Nationale des Zones Oasienne et de l’Arganier (ANDZOA) de conduire une étude visant à définir un plan de développement des territoires entrant dans le périmètre d’action de l’ANDZOA. La présente note vise à rendre compte succinctement des résultats de l’étude.

Les Zones Oasiennes et de l’Arganier constituent un territoire vaste, recouvrant près de 40% du territoire national et constitué de 5 régions, 16 provinces et de 388 communes.


Le diagnostic stratégique du territoire a permis d’identifier 3 grands enjeux, auxquels le plan de développement devra répondre :

  • Un enjeu de développement humain ;
  • Un enjeu de valorisation des ressources économiques ;
  • Un enjeu de développement durable.

Concernant le premier enjeu, les Zones Oasiennes et de l’Arganier présentent un déficit alarmant en termes de développement humain :

  • Un taux de pauvreté de 14,1% contre 9,5% au Maroc ;
  • Un taux d’analphabétisme de 49% contre 42% au Maroc ;
  • Un taux de mortalité infantile de 49,1‰ contre 42,8‰ au Maroc.

De plus, le territoire est marqué par un accès restreint aux services de base, notamment en ce qui concerne l’eau potable (taux d’accès de 86,3% contre 91% au Maroc) et l’électricité (Essaouira, Figuig ou Assa-Zag ont un taux d’électrification rurale inférieur à 90%).
En ce qui concerne le volet économique, le territoire tire faiblement profit de ses ressources :

  • En matière d’agriculture, le territoire présente un patrimoine riche et fortement spécialisé sur un nombre importants de produits typiques (dattes, safran, rosier, henné). Toutefois, il affiche des performances moyennes faibles et des rendements encore peu compétitifs.
  • La filière de l’Arganier, quant à elle, présente un fort potentiel mais profite peu aux populations locales. En effet, malgré les efforts de structuration de la filière, les producteurs nationaux captent une faible partie de la valeur ajoutée (près de 17% de la VA des exportations).
  • Le potentiel touristique des Zones Oasiennes et de l’Arganier est faiblement valorisé : le tourisme dans les zones rurales est un tourisme de passage (faible nombre moyen de nuitées). Ces zones sont peu dotées en infrastructures d’hébergement et de loisirs adaptées.
  • En termes de richesses minières, les Zones Oasiennes et de l’Arganier regroupent les principales zones minières du pays, et présentent une forte spécificité sur certains produits. Néanmoins, le secteur minier est encore sous exploité par le tissu des acteurs.

Partant de ces constats, 5 idées fortes ont permis de fonder la stratégie de développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier :

  • Un développement qui garantit aux citoyens une bonne qualité de vie
  • Un développement qui améliore de manière pérenne les revenus des populations locales
  • Un développement qui s’appuie sur une valorisation durable des patrimoines naturel et culturel
  • Un développement volontariste qui redynamise le territoire
  • Un développement intégré qui capitalise sur l’ensemble des stratégies sectorielles et territoriales en cours

Ainsi, la stratégie territoriale a été articulée autour 3 axes de développement :

  • Un territoire attractif, l’enjeu étant d’améliorer les conditions de vie de tous les citoyens et de favoriser leur épanouissement, à travers le renforcement des services de base (eau, électricité, routes), le développement d’offres de soin et d’éducation accessibles à tous, ainsi que la mise en place d’infrastructure culturelles et sportives ;
  • Un territoire compétitif, dont l’économie s’appuie sur la valorisation de ses ressources naturelles et culturelles de manière à ce qu’elles profitent directement à la population locale. 3 secteurs sont prioritairement adressés (agriculture et argane, tourisme, mines) principalement à travers la structuration du tissu des acteurs et leur accompagnement dans la conception et le développement d’activité génératrices de revenus s’appuyant sur la valorisation des ressources locales ;
  • Un territoire préservé, s’appuyant sur des programmes d’optimisation de la mobilisation et de la gestion de la ressource hydrique (construction de barrages, mobilisation des eaux non conventionnelles, diffusion de la micro-irrigation, etc.), sur des programmes de préservation du sol (amélioration des modes d’utilisation et de gestion des sols et du couvert végétal, reconstitution et protection des massifs forestiers, etc.) ainsi que sur des programmes de préservation de la biodiversité (protection des réserves de biosphère, encadrement de l’urbanisation des oasis, etc.).

Ces axes ont été déclinés en 10 dossiers stratégiques et en 45 programmes de développement. Ils totalisent un investissement global de l’ordre de 93 milliards de dirhams (soit environ 11,5 milliards / an, sur huit années) et visent des objectifs ambitieux à l’horizon 2020 :

  • Un PIB territorial et des revenus par habitant multiplié par 2,5 ;
  • La création de 160 000 emplois supplémentaires ;
  • L’alignement sur les standards internationaux concernant les services de base (eau et électricité) et les offres de soins et d’éducation.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie territoriale, l’ANDZOA aura pour principales missions :

  • D’élaborer, de valider et de suivre la mise en œuvre de cadres contractuels établis avec les responsables départementaux, les collectivités locales et les autres partenaires de mise en œuvre ;
  • D’assurer la mise en œuvre de certains programmes non pris en charge par les partenaires (par exemple, la mise en place de Groupement Inter-Entreprises dans certaines localités) ;
  • De participer au financement de certains projets (à hauteur d’un milliard de dirham environ par an, dont 500 millions financés directement à travers le budget de l’Agence).

Le comité d’orientation stratégique est chargé, en particulier d’élaborer la stratégie relative au développement des zones oasiennes et des aires géographiques de l’arganier à travers notamment :

  • l’élaboration du plan stratégique et du programme global de développement ;
  • l’élaboration du programme d’action annuel de l’Agence à la lumière des plans et programmes précités ;
  • l’élaboration des contrats-programmes et des conventions de partenariat à conclure par l’Agence.

Dans le cadre de ses missions, l’ANDZOA est ainsi chargée de mettre en place des cadres contractuels à trois niveau, assurant à la stratégie de développement territorial une mise en œuvre selon une approche intégrée :

  • Un premier niveau de contractualisation, sous la forme d’une Convention Cadre établie avec le Gouvernement dans son ensemble, et entérinant les objectifs et les principes d’action de la stratégie ;
  • Un deuxième niveau contractuel, établi avec les départements ministériels concernés et visant à valider le détail des programmes d’actions par secteur (consistance des projets,planning et financement) ;
  • Un troisième niveau contractuel, établi avec les régions ou provinces inclues dans le territoire et dont l’objectif est d’assurer une mise en œuvre intégrée de la stratégie à travers la consolidation des programmes d’actions selon une logique territoriale.

Enfin, afin de stimuler l’essor des zones défavorisées mais à fort potentiel de développementsocio-économique, il est proposé de créer un statut territorial dont elles pourront jouir de manièreprivilégiée : le statut de « Zone de Dynamisation Rurale ». Ce statut serait ainsi attribué à un nombre limité de localités composées de groupement de communes. La création d’un tel statut vise à catalyser le développement du territoire, à travers :

  • L’octroi à ces zones d’un statut prioritaire en termes de programmation des services de baseet des offres de soin ou d’éducation ;
  • La mise en place de subventions fortement incitatives pour les projets à vocation économique, développés dans ces zones.