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Clôture de la 8e édition du Congrès International de l’Arganier à Essaouira

La recherche scientifique et l'innovation au service de la résilience hydrique de l'Arganeraie

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 8e édition du Congrès International de l’Arganier (CIA) s’est tenue du 8 au 10 mai 2026 à Essaouira, réunissant près de 500 congressistes autour des enjeux de préservation et de valorisation durable de l’Arganier.

Essaouira, le 10 mai 2026 – Les travaux de la 8e édition du Congrès International de l’Arganier ont pris fin dimanche à Essaouira, après trois journées d’échanges scientifiques et institutionnels d’envergure. Organisé sous le thème « De l’Arganeraie à l’Arganiculture : l’Arganier, pilier de la résilience hydrique des écosystèmes, des territoires et des communautés », ce rendez-vous scientifique majeur a été porté par l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA), en partenariat avec l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et la Fédération Interprofessionnelle de la Filière de l’Argane (FIFARGANE).

Cette édition a coïncidé avec la célébration de la Journée Internationale de l’Arganier, proclamée par les Nations Unies à l’initiative du Maroc, afin de mettre en lumière le rôle écologique, économique et culturel de cet arbre emblématique dans la lutte contre la désertification et le changement climatique.

Une cérémonie de clôture présidée par le ministre

La cérémonie de clôture a été présidée par M. Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette filière par les plus hautes autorités du Royaume. Dans une allocution lue en son nom, le gouverneur de la province d’Essaouira, M. Mohammed Rachid, a souligné que ce congrès traduit l’intérêt accordé par le Maroc à la préservation de l’Arganier et à la valorisation durable de son écosystème, conformément aux Hautes Orientations Royales. Il a rappelé qu’Essaouira constitue l’un des principaux territoires de l’Arganeraie marocaine avec plus de 150 000 hectares et plus de 200 coopératives féminines actives dans la filière.

Dans son allocution d’ouverture, la directrice générale de l’ANDZOA, Mme Latifa Yaakoubi, a affirmé que le Maroc est désormais engagé dans une nouvelle dynamique visant à faire de l’Arganier un levier stratégique de résilience hydrique, de développement territorial intégré et de transition écologique. Elle a souligné que le Royaume opère actuellement un « virage stratégique » dans le cadre de la stratégie Génération Green 2020-2030, dont l’objectif est de dépasser le modèle traditionnel de cueillette pour faire émerger une arganiculture moderne, structurée et technologiquement avancée.

Mme Yaakoubi a également annoncé que les premières productions d’huile d’argan issues de plantations conduites selon des modèles agricoles modernes devraient être extraites dès l’été prochain, une étape qu’elle a qualifiée de « cap historique ».

Visite de terrain et lancement de projets structurants

En marge du congrès et précédant la cérémonie de clôture, M. Ahmed El Bouari a effectué une visite de terrain à la commune territoriale d’El Korimate, dédiée au suivi et au lancement de plusieurs projets agricoles et ruraux inscrits dans le cadre de la stratégie « Génération Green ». Accompagné des responsables des services agricoles aux niveaux central, régional et provincial, le ministre a visité deux plateformes expérimentales dédiées à la plantation du caroubier et de l’atriplex sur une superficie totale de 46 hectares, illustrant la volonté du Royaume de diversifier les systèmes de production et de renforcer la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.

Le ministre a également supervisé l’opération de distribution d’équipements agricoles, de matériels destinés à la valorisation des produits du terroir ainsi que de citernes d’eau au profit des coopératives agricoles et des groupements d’éleveurs affiliés à l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins. Cette visite a permis de faire le point sur les projets d’agriculture solidaire et de diversification des systèmes de production réalisés au profit des petits agriculteurs, des femmes et des jeunes ruraux de la province.

Dans ce cadre, dix projets ont été lancés pour un investissement global dépassant 132 millions de dirhams, bénéficiant à plus de 7 000 agriculteurs. Les investissements mobilisés dans le cadre du programme de valorisation des produits du terroir dans la province ont dépassé 18 millions de dirhams au profit de 150 coopératives regroupant plus de 1 400 adhérents, dans l’objectif de renforcer la compétitivité des produits du terroir et d’améliorer les conditions de leur valorisation. De son côté, le programme de développement des parcours et de renforcement de la résilience de l’élevage pastoral mobilise un investissement global avoisinant 15 millions de dirhams.

Remise des prix aux jeunes chercheurs et perspectives scientifiques

La cérémonie de clôture du congrès a été ponctuée par la remise des prix « Jeunes chercheurs » dans la catégorie master/mémoire d’ingénieur, attribués respectivement à Bounasser Bouchra (1er prix), Nouhaila Menan (2e prix) et Saida Dakir (3e prix). Dans la catégorie thèse de doctorat, le 1er prix a été décerné à Mohamed Mouafik, suivi de Oussama Bayssi (2e prix) et Abdelmoiz El Faqer (3e prix). Des distinctions ont aussi été remises dans le cadre des « Doctoriales de la Chaire ICESCO de l’Arganier », avec un 1er prix attribué à Laila Amjlef, un 2e prix à Amina Braimi et un 3e prix à Boujemaa Fassih.

Les participants ont souligné la nécessité de passer d’une gestion forestière traditionnelle à une véritable arboriculture moderne, à travers l’adoption de variétés inscrites au catalogue officiel et multipliées par clonage afin de garantir productivité et qualité. Mettant en avant les avancées réalisées dans les domaines de la biotechnologie et de la génomique, avec le séquençage de l’Arganier par l’INRA ayant permis l’identification de près de 35 000 gènes, ils ont insisté sur l’importance de l’exploitation des sous-produits de l’Arganier afin de renforcer la rentabilité de la filière et de favoriser une meilleure intégration des agriculteurs, des femmes et des jeunes. Ils ont également plaidé pour le renforcement des systèmes agroforestiers, la multiplication des initiatives de type SIPAM et la valorisation du potentiel de séquestration du carbone par l’Arganier.

La cérémonie a également été marquée par la signature de plusieurs conventions de partenariat visant à renforcer la recherche scientifique, promouvoir l’innovation et soutenir le développement durable de la filière de l’Arganier. L’ANDZOA a ainsi signé des conventions avec l’INRA, l’Institut Africain de la Nutrition des Plantes (APNI) et la société Managem, portant notamment sur le développement de programmes de recherche appliquée, le renforcement des capacités techniques et scientifiques, l’amélioration des pratiques liées à l’arganiculture ainsi que la promotion de solutions innovantes en faveur de la durabilité et de la résilience de l’écosystème. À travers cette nouvelle édition, le Congrès International de l’Arganier confirme une fois encore son positionnement en tant que plateforme internationale d’échange, de réflexion et de prospective, contribuant à accompagner la dynamique de développement de la filière dans le cadre de la stratégie Génération Green 2020-2030.